BELLEVEAUX Jean-Christophe (extraits)

DISSONANCES #31 | DÉSORDRES
Karl Marx ne m’est d’aucun secours
« torsion sont-ce encore bras visages dans les couloirs sortilèges marmonnés ah couloirs pour un lent glissement Cronos ricane c’est un endormissement l’hôpital prend tous les muscles la pensée elle-même simulacre paralysé liquéfié suis-je autant que le sont les autres pour moi énigmatique inquiétant dans le très faux repos
le pire des supplices l’éternité à traîner des pieds dans corridors circulaires l’éternité pareillement circulaire où l’on croise les mêmes gueules ravagées la fatigue de vivre l’incessante soufflerie des âmes et des machines à ventiler comment arrive-t-on à couturer la minute précédente avec la suivante syncope
dehors replie ses ailes j’attends le toboggan du sommeil finies les images j’attends le poids des couvertures sur la presque mort de longs clous fichés dans les os torsion de ça mal dit le froid prend d’abord les mains on voudrait s’étrangler avec ses propres nerfs sale tricherie de littérature plutôt une doucereuse pulvérisation je ne fais défaut qu’à moi-même j’y vais
couloirs répétés pleurs et cris couloirs indifférents cigarette l’attente du... »

DISSONANCES #30 | QUE DU BONHEUR !
La trajectoire du papillon
« Le mot qui dit la chose la sort de l’indistinct, la désigne dans son existence reconnue. Je me l’approprie. Dans le même temps, la nommant, je l’accouche et m’en éloigne définitivement. Je ne sais pas. La poésie serait le chemin qui serpente entre ces incertitudes, un point d’interrogation.

Un coq.
Chante à la lune,
à la nuit tropicale,
à son plaisir d’être coq.
Trois heures du matin :
ma fatigue relie l’Asie et moi et le cosmos.

la pluie
( c’est le poème )

j’avais suggéré ce… »