DESPAS Clément (extraits)

DISSONANCES #31 | DÉSORDRES
Sens dessus dessous
« Soudain j’ouvre les yeux. La chambre est dans le noir et il fait vraiment chaud. Par la fenêtre ouverte sur la nuit étoilée au-dessus de ma tête s’écoule sur ma peau, le long de mon corps nu, s’étale sur le lit et du lit dans la chambre et sans doute au-delà (inondant le couloir, dévalant l’escalier vers la pièce au-dessous) l’air plus frais du dehors.

Mais quand même il fait chaud : difficile de dormir.

Pour moi en tous les cas, car pour elle ça va : ses sens bien assouvis (ayant tiré de moi tous les plaisirs possibles), elle s’est abolie en croix nue sur les draps et sa respiration très douce et régulière indique qu’elle est loin, que c’est bien, qu’elle profite. J’en suis heureux pour elle, j’en suis heureux vraiment mais quelque chose en moi se rebiffe soudain, me ricane au visage et me montre du doigt. J’évacue la vision et me tourne vers elle précautionneusement (surtout pas l’éveiller), je respire son souffle et la regarde dormir : comme une petite chatte elle semble sourire et moi comme un couillon coincé au bord du lit qu’elle squatte presque entier, je la trouve adorable bouleversante splendide ainsi abandonnée à sa tranquillité et ma... »

DISSONANCES #29 | TABOU
Petit interdit
« Ma princesse totem a de petits tabous. À genoux à ses pieds je regarde son ventre se tendre ou se creuser pendant que mes doigts jouent à effleurer son sexe et c’est vraiment joli mais toute retenue qu’elle est habituellement elle est là… énervée : déjà de sa corolle (que d’une main experte elle m’ouvre effrontément) sourd un nectar troublant dont les premières gouttes me coulent entre les doigts (tout à l’heure elle pleuvra), je m’abouche et la bois (ma langue joue à chat), je l’entends tout là-haut qui râle doucement et je la sens monter, je glisse mon index au fond de son désir et l’en ressors trempé, je lui mets dans le cul et sans plus s’attarder elle vient massivement, explosant mentalement, inondant le carrelage de la salle à manger sur lequel elle descend, lentement, s’étaler.
Je la contemple un temps. Elle ne bouge plus. J’en viens à… »

DISSONANCES #28 | AILLEURS
En deçà
« tu as planté tes griffes, tout ton corps s’est plaqué, tes yeux se sont ouverts sur quelque part très loin (bien au-delà de moi) dont la vision soudaine les a illuminés, ta bouche a fait un oh qui est resté muet, le temps s’est arrêté

et s’est réenclenché mais j’avais pu voir ça : l’extase – ailleurs, le… »

DISSONANCES #27 | ORGASMES
Égoïste

« Ma toute belle se renverse et, m’agrippant aux fesses, elle se fend et m’enfonce, d’un seul coup, jusqu’au bout. J’y ai à peine le temps d’un éblouissement que Tu fais quoi ? elle active : concentrée – les yeux clos – elle reflue, me reprend, me repousse, me retient, m‘aspire de nouveau jusqu’au plus profond d’elle d’où remonte ce râle que je ne connais que trop et je me dis que peut-être… mais c’est trop tard déjà : son désir est la loi et ne me reste plus qu’à contrôler le mien (pas venir avant elle ou j’imagine même pas) puis assumer après. J’entre donc dans sa danse, m’insinue dans son rythme, y colle, le soutiens, l’amplifie, m’y soustrais (et elle passe alors du râle au grognement, une partie de moi criant Arrête là ! mais le peu de raison qui me restait encore vient de s’évaporer) : je la laisse m’emporter où ma vision se brouille et je sens que je viens alors je la retiens, la maintiens, la regarde, pose les mains sur son ventre qui est dur et palpite et là elle se redresse, me… »