PARIS Romain (extraits)

DISSONANCES #34 | TRACES
L’outremer du ciel

« L’œil au cœur de la nuit, l’Âme se lovant au creux de cette feuille de figuier, et la chair sous ce sirocco d’or. Voilà : ton sourire illustre tout à trac l’outremer du ciel. L’orbe du Deuil. Est-il toujours facile de pister qui s’en va ? Cette trace d’incertitude, d’affliction, de beauté. De vérité, de cognac, d’intelligence. D’argile, de chlore. Du parfum de ces fruits qui fait tourner la caboche des zombis. De la Cité d’Or… Part-il sur la trace des alizés ? Toutefois, on fait juter les lettres –au jour le jour– de ce qui vaudra bien l’heure venue un roman certes juste bon à balancer au bûcher… Aussi ne l’oublie pas : d’un « Je t’aime » souverain aux ouragans de l’insurrection, il est toujours question d’amour fou. Vrai, faut-il donc le suivre à la trace ? Lui survivre, à ce raz-de-marée ? Écouter les riffs de ce vent du Large ? Effluves de sperme sur le mollet de la catin ! Autodafés de l’aurore ! Ombre brûlante ! On cherche en vain à acquérir certaines notions relatives au principe actif du néant… Et toujours, la fugacité de ces civilisations comme autant de mirages, ou de… »

DISSONANCES #32 | NU
Tu as beau te faire belle
« Oh my boiling baby, sais-tu que tu as beau te caparaçonner dans tes corsets style steampunk, t’accoutrer avec tes jupes glam rock ou crazy lolita, t’enrober dans tes jupons écossais ou de pin-up vintage, t’attifer de boléros romantiques et de débardeurs gothic lolita, t’entortiller dans tes leggings hip-hop à zébrures rose ou dans tes bas hippies et tes collants d’extraterrestre en fleur, ou encore te camoufler sous tes capes victoriennes ou tes vestes psycho-retro… Oh my sunny ladybird, sais-tu que tu as beau porter ton bibi barrette à voilette noire ou ton chapeau cloche 40’s très chic avec tes mitaines de dentelle noire et rouge ou tes gants courts et sexy de satin blanc, que tu auras bel et bien beau te sertir dans l’écrin de tes shorty nacrés et de tes caracos à tête de mort sur fond d’île tropicale et d’océan enchanteur, t’harnacher dans tes porte-jarretelles 60’s et tes soutiens gorge jazzy en crêpe de voile ou arc-en-ciel psychédélique, te faufiler dans tes bottines chauve-souris ou tes escarpins à la Marylin Monroe… Réfléchis-y, oh my cosmic princess, et tu as beau parachever ta toilette par le port d’un collier cerise kawaii, de boucles d’oreille style élisabéthain, d’une manchette de motard, de bracelets en corail polychrome et d’un... »

DISSONANCES #31 | DÉSORDRES
Les harmoniques du chaos
« Comprenez bien que ce qu’on appelle désordre résulte d’une vue de l’esprit, d’une vision altérée des circonstances et de notre environnement, d’une interprétation erronée des mouvements spontanés qui façonnent et régissent notre univers, et que ce concept ne découle bien souvent que d’un jugement vicié qui nous incite à sous-estimer notre propre intellect et à naufrager dans les méandres de nos raisonnements… Indubitablement, ce qu’on nous dissimule avec tant de sournoiserie sous cette notion de désordre – notion en outre rationnalisée selon des critères pseudo-scientifiques et travestie par nos suzerains, au point de devenir le tour de prestidigitation favori des gouvernants lorsqu’ils veulent brider l’enthousiasme des populations – N’EST OBJECTIVEMENT ET VISCÉRALEMENT PAS VIABLE au cœur de cet univers aux architectures physiques si subtiles et régi par tant de lois sublimes… Certes, cette notion ne saurait définir en rien les merveilles insensées et bouillonnantes qu’abrite cet univers d’équilibres insondables qui est le nôtre… Regardons la foule, la forêt… Les vagues, les nuages… Les émotions… Les étoiles… Etc… Ce n’est que par l’effet d’un vertige subséquent à la... »