VINCENT (extraits)

DISSONANCES #37 | IMPUR
Deux nuits de plus à jouir dans la bouche de Dieu
“Alors tu vois je suis encore à un comptoir dans la nuit avec la rage et le désir fou de me détruire dans les tripes, je suis ivre et il y a cette pute, je veux dire une vraie pute, une qui tapine à un coin de rue et prend de l’argent pour tailler des pipes et ramasser dans son cul, elle et moi on se connaît depuis un moment, on se croise à bien des comptoirs et on s’aime bien, peut-être en partie parce qu’on n’a jamais baisé et qu’elle ne m’a jamais demandé d’argent pour le faire, le fric tue les rapports humains, et elle m’embrasse sur la bouche plein de fois et elle me dit « voilà j’ai 46 ans et j’ai 6 enfants » et je songe que c’est une de ces femmes à la Bukowski, tu sais, une héroïne déchirée et cassée en dedans avec des jambes superbes, elle a ce truc dans le regard qui dit la misère des destins et la folie qu’il faut à certains d’entre nous pour tenir debout dans la tempête et arrive ce moment où chacun dit qu’il veut dominer si on doit tirer un coup et pour me tester elle me fait « mets-moi une fessée » et j’en lâche une sur son cul que je juge correcte, là comme ça, au comptoir et elle éclate de rire et elle me lance « ça c’est rien, tu tapes pas, c’est pas une fessée, recommence » et j’en pose une autre plus forte et…”