MARCHETTI Méryl (extraits)

DISSONANCES #22 | RITUELS
Chiropractor holocaust

“Ses parents n’assistent pas à la fête qui suit. Avant l’aube, le garçon est conduit dans la brousse pour être circoncis. Il reste assis, les yeux bandés et les oreilles bouchées avec de la bourre d’étoupe, tandis que plusieurs opérateurs travaillent à tour de rôle, en utilisant des couteaux de silex : ils étirent une incision à la base de l’organe génital, puis enlèvent tout l’épiderme du membre en le retroussant. Pendant ce temps là les parents hurlent dans le camp.
Le pénis en sang, le garçon doit revenir à travers le territoire jusqu’à la case et monter dans le lit auprès de sa mère pour crier comme un nouveau né. On l’enveloppe alors dans une peau pendant trois jours, et le quatrième le père cohabite avec sa femme.

Vous devez adapter votre façon de masser à ce qu’aime votre poisson rouge. Il peut s’agir d’une gamme de mouvements rythmiques, effectués en alternance par...”

DISSONANCES #19 | IDIOT
Neuneux et plaisants

“Les seins ont une croissance continue tout au long de leur vie, même si cette croissance ralentit avec l’âge. Lorsque cette peau devient trop exigüe elle se déchire et détache du sein, remplacée en dessous par une autre nouvellement formée. La première manifestation visible de la mue correspond au décollement de l’épiderme, plusieurs jours avant, qui s’accompagne parfois de séries de sifflements en zig-zag dont les origines d’émission suivent une ligne brisée correspondant à l’enchevêtrement des glandes.

En nous fondant sur les lois d’astronomie générale nous supposons l’existence d’autres étoiles qui n’existent pas. En zoologie la comparaison d’une vertèbre avec un répertoire de vertèbres, d’une dent avec des dents, permet de dresser, dans ses proportions et selon ses variations de densité, un squelette inconnu, grâce à l’union mécanique des parties constitutives. Notre ami Giorgio Torrelli relève de ces cas intéressants.
Quelques temps après la guerre le village de Vaye s’émut que Marc Peyche ne pissât plus, malgré la douleur. L’homme s’était mis en tête qu’il…”