MALTAVERNE Patrice (extraits)

DISSONANCES #35 | LA HONTE
Cancer
“Cette fille que tu n’aimais pas vraiment est tombée malade. Une vraie maladie à en perdre les cheveux.

Cette fille à qui tu as rendu visite sur un coup de tête alors qu’elle ne se sentait pas très bien et que tu n’as plus jamais voulu revoir.

Elle s’en est sortie sans ton cœur qui ne battait pas droit pour elle. Et tu t’en veux de lui avoir raconté un mensonge auquel elle n’a jamais cru.

Désormais il ne reste plus que toi et ta…”

DISSONANCES #33 | FUIR
1979
“L’image de l’auto qui devait nous emporter me sembla soudain trop pitoyable.
Ces gens se tenaient debout dans l’habitacle d’une vieille carcasse et je me demandais pourquoi ils ne pouvaient pas passer les pieds à travers le bas de caisse afin de paraître plus ridicules encore.
Cette forme grossière de soucoupe volante en plein jour devait s’appliquer à nous ramener au bercail.
Cette forme tant attendue à faire peur. Finalement n’apparut pas au sortir de son virage ascendant.
Alors l’instant vint de me dire qu’il existait un moyen de s’en extraire. Du pot d’échappement qui terminait l’engin. Et de la mère peu gracieuse qui vociférait à l’intérieur. N’est-ce pas ?
Car les yeux tournaient très vite et se disaient que sans doute de nouvelles routes s’ouvriraient derrière les murs des propriétés voisines dérobant leurs chiens méchants à un faible regard. Que l’air même existait au-dessus de la portée de crocs des murs mitoyens.
Car tous les murs sont mitoyens qui nous ramènent à l’enfance.
Et les rayons de lucidité qui transpercent l’œil deviennent vite des…”

DISSONANCES #23 | SUPERSTAR
Décalcomanie
55 - décalcomanie - 2500

DISSONANCES #19 | IDIOT
“Que dire de toi ?”
Il marche comme un automate avec ses nouvelles piles
Dans cette ville dont les désirs l’éclaboussent
Immergés sous les plaques tournantes des vitrines
Ou planqués comme la drogue sous une tôle
Toute la journée il y revient attiré par ce centre absolu

Il sourit d’un petit héritage
Dont il n’a jamais touché que le quart
Il doit avoir un magot caché derrière son expression
Ou bien alors cette fente de malade
Tire sa substance d’un dieu perdu dans le ciel

Il n’a jamais longtemps quitté son bistrot
Donc le football se compose de gars qui courent et lui
Immobile s’en sert comme d’un…”