HOLAIND Virginie (extraits)

DISSONANCES #27 | ORGASMES
L’appel des appels

“L’orgasme, franchement c’est facile.
Ça crie un peu dans l’entre-jambes, ça se joue appel des appels.
Ben oui, c’est facile.
On craint la lutte, l’échauffement, mais on se brûle.
On s’écoute, on s’affole. Et puis quoi, l’orgasme, c’est le pain du pauvre.
Ça comble les interstices, ça donne de la matière.
C’est le charbon, c’est le papier journal des souffreteux.
Ça vous met à température ambiante.
On le cherche, on le trouve.
On explose.

Et puis un jour.

En silence les attentes et le corps qui s’en fout.
Un jour le corps s’en fout.
L’orgasme, oui, et alors.
L’orgasme et la course. L’éclaboussure, le feu d’…”

DISSONANCES #19 | IDIOT
Le caillou de Brazzaville
“Je sais qu’il sera tué par le mot. On est souvent tué par le mot. Sans s’en rendre compte. Le mot l’a assimilé, il a assimilé le mot. Comme un baume amer, comme une idée effervescente et lui dissout dedans. Je l’ai quitté à cause d’un caillou. Je n’aurais jamais cru. Quitter quelqu’un à cause d’un caillou. Lui m’a quittée pour le caillou. Comme une pierre dans nos reins. Fragiles.

Trop de lumières dans ma tête, sur ma tête. La salive coule. Mon cerveau avec. Bientôt, il ne me restera rien.

Les chaleurs froides quand j’y pense. Ne me laissez plus y penser. Il est tombé sur un caillou, tombé de son vélo. La tête contre un caillou. Sur la route de Brazzaville-plage. C’est idiot. Ça a commencé comme ça. J’ai été la première à le dire.
Le mot.
Depuis, sa bouche de travers, sa joue flasque et son bras mort. Il mâchouille un foulard écossais pour ne pas que la salive coule dans…”