BONNEAU François (extraits)

DISSONANCES #37 | IMPUR
Deux nuits de plus à jouir dans la bouche de Dieu
“Mon cœur claudiquant,
J’ai bien trouvé ta lettre, l’écrin, le petit nœud, en rentrant ce soir. J’ai lu, j’ai vu. Et, non, je ne peux pas être d’accord avec toi. Alors, comme tu le lis actuellement, je te réponds. Tu n’as pas tout compris, j’en ai bien peur.
Si seulement j’avais trouvé, dans son panier, un chiot lévrier croisé basset qui fait le beau, là, d’accord, je t’aurais fait la fête. Ou alors, si tu m’avais emmené une semaine au Chili, avec des nems à chaque repas. Là, j’aurais compris que tu avais compris.
Je ne demande rien d’impossible, pourtant. Peut-être une simple promenade galante, mais dans un bourbier sans fond ; là, d’accord. Là, tu aurais vu des étincelles dans mes yeux. Des étincelles de disqueuse dans un fin-fond d’atelier, qui donnent des teintes étranges au cambouis répandu, et tu aurais su que tu avais vu juste.
Non mais, t’es-tu bien relu ? Je t’offre ce que nous sommes, nous deux ? Vraiment ?
J’avais le palpitant en déchirant l’emballage d’un geste maladroit, je ne…”