PERETTI François (extraits)

DISSONANCES #32 | NU
À la rue
« Les toits malmènent mon ciel, à la rue – longs serpentins de soleil chevelures de gouttes azurs carrés piquants – et mes Saintes cloches sans tunes, qui hurlent et boivent braillent entre elles, tapent leurs cuisses fixées de rire puis tirent la tronche enfilent leurs ganaches tristes comme des loups de macadam. Mes potes de crasses poussent plus bas, toujours on les aide bien pour ça ; on naît poussières mais eux squattent les grains à vie s’y roulent, complus à ce grand jeu de rôle pleurent des scènes – mon peuple nu frotte au sol des bas-fonds. On n’est vraiment à poil qu’ici. Ni dans tes draps en soie satinés de tétines ; ni dans ses bras d’albâtres au chaud d’une plage de Corse motel minable chambres de bonnes exposées plein Sud. Le goudron t’accouche comme tu l’es vraiment. Y a pas de fard aux briques. Quand tu y dors et vis, et mange, la rue est ton seul intérieur – plus de tissu à lui effeuiller – rien que cette peau, rêche camée grise comme un morceau de trottoir c’est ton seul apparat, ta grande robe de chair marbrée de bleus. Pour la plupart des gens avoir des choses à perdre est un bon début on a choisi de ne rien laisser au reste comptant les pavés – assis – comme des jours dans le crachat des autres, tous ont leur place ici sauf… »