GILLIBERT Élodie (extraits)

DISSONANCES #32 | NU
Comme si
« Personne ne doit savoir. Il est tard, on n’a pas le droit, on doit dormir. Personne ne sait.
Les doigts mêlés dans la fourrure blanche synthétique, une couverture cousue par bandes. Les doigts caressent les bandes synthétiques dans un sens puis dans l’autre ; ils créent des formes plus grises en relevant la fourrure blanche, plus blanches en la rabattant. Tout est froid dans la chambre carrée au rez-de-chaussée. On se voit à peine, on se devine quand les sourires font des ombres sur les visages.
Les motifs blancs en forme de fleurs et de tiges mêlées s’égrènent sur les murs et le plafond dans la chambre en forme de cube tapissée comme l’intérieur d’une boîte à bonbons. Les rideaux sont bleus avec des motifs blancs de fleurs et de tiges mêlées près de la fenêtre qui donne sur le lac, froid.
On s’enroule dans la couverture.
Personne ne doit savoir. Il est tard, on n’a pas le droit, on doit dormir, personne ne sait.
Nues sous la grosse couverture blanche, on saute par la fenêtre, pieds nus dans... »