DISSO #33 : Denis PÉAN

Extrait de l’entretien avec Denis PÉAN publié dans DISSONANCES #33

    Denis PÉAN (petit)

Écrivez-vous plutôt pour ou contre, dans ou hors, malgré ou à propos de ?
Ma poésie fait feu de tout bois ; comme le dit Hannah Arendt dans une éloquente entrevue : l’esprit humain a plus besoin de cohérence que de vérité, quitte à épouser une cohérence néfaste ou absurde. Je me régale avec l’incohérence et la fusion des contraires.

Quelle est la part de la contrainte dans votre écriture ?
Seul le manque d’idée ou d’inspiration à l’heure de rendre un texte impose sa douloureuse contrainte.

Que faites-vous quand vous n’écrivez pas ?
Je passe en fait peu de temps à écrire, je n’écris que des choses courtes d’une part et consacre par ailleurs la plupart de mon temps à la musique et à la conséquente activité qui va avec la vie d’un groupe. J’habite un lieu collectif qui demande une attention permanente. L’écriture, pour moi, c’est ce que dépose sur la portée du jour ce tamis d’expérience, avec une grande économie de mots.

Qui est votre premier lecteur ?
Souvent ma fille. Elle est complice et exigeante.

Qu’est-ce qu’un bon éditeur ?
Celui qui est là au bon moment.

Que diriez-vous à un auteur cherchant son premier éditeur ?
Déjà qu’il s’assure que ce qu’il écrit a quelque intérêt, il y a tellement de livres médiocres ou vains.

Quelle fut votre première grande émotion de lecteur ?
Je ne crois pas que ce fut une « grande émotion » mais la sensation pleine d’une absence muette qui s’avéra être un socle. J’étais en CM2 et sur le mur de la classe j’ai lu…

…suite de l’entretien dans la version papier de DISSONANCES #33

BIO

Né en 1961, Denis Péan étudie un temps le basson et la musique de chambre au Conservatoire d’Angers, fonde le groupe Lo’jo (1982), part sur la route avec la compagnie de théâtre de rue Jo Bithume (1988), crée avec Lo’jo le premier Festival au désert dans le nord du Mali (2001), voyage depuis 30 ans de Timbuktu à Tbilisi, de Canton à Alger, de nulle part à ailleurs. Compositeur, chanteur et pianiste, il invente des géographies pour orchestre de computers et d’orgue-jouet, des blues d’oiseaux sur transgressions de fréquences. Il lance sur papier poésies inquiètes et proses solaires. Calligraphe pour miniatures d’extraordinaire, il mène la vie comme ses entre-sorts forains, de bric-et-de-broc… “à l’aventure”.

BIBLIO (2017)

Les passagers ordinaires du temps (éd. Deleatur, 1996)
Sommeil, sommeil (éd. Deleatur, 2000)
Musée la Parole (éd. Almarita, 2007)
Oniric Théâtre (éd. Le Cadran Ligné, 2015)
Mes bottes de sept lieux – Objet Littéraire Postal (éd. Aé, 2016)
Angers par les interstices – photos : J-M. Delage (éd. Le Petit Pavé, 2017)
Miniatures d’extraordinaire (éd. du Hanneton, sortie décembre 2017)

DISCO LO’JO (2017)

The international Courabou (autoproduit réédité avec 310 lunes, 1991)
Siempre (single autoproduit, 1991)
Fils de Zamal (Lo’Jo – Fnac music – Night and day – Tapsit, 1993)
G7 of destruction & artisans of peace (Pratik – Fnac music – Lo’Jo, 1994)
Sin Acabar (Emma prod – Warner Chapell – Lo’Jo, 1996)
Mo’jo Radio (Emma prod – Universal, 1998)
Bohème de cristal (Emma prod – Universal, 2000)
L’une des siens (Emma prod – Universal, 2002)
Ce soir làlive (Emma prod /Universal, 2004)
Bazar Savant (Emma prod – AZ, 2006)
Cosmophono (Wagram, 2009)
Cinéma el Mundo (World Village, 2012)
310 lunes (World Village, 2014)
Fonetiq Flowers (PIAS – World Village, 2017)