DUFOREAU Marianne (extraits)

DISSONANCES #35 | LA HONTE
Quartier H
“Lorsqu’une douleur crie, chacun calcule avec son corps la meilleure position pour entendre, voir, se cacher, observer ou fuir. Il faut du courage au paysage pour accepter, entourer, laisser une place. Le corps et la ville ont l’espace en commun. Vieille ville, zone industrielle, jardin public ou quartier nord : tout est corps. Un corps qu’on partage. Les frontières qu’on y trouve sont des constructions, plus ou moins anciennes, héritages de civilisations plus ou moins connues. On les dépasse en refusant l’idée de pièce, concept stérile pour emboîtements qui ne s’hybrident jamais. Une boîte pour tout corps, une ville qui s’oublie dans la permanence de ses bâtiments. Le corps malade est une ville à observer lentement : rues, carrefours, lieux de rencontres ou d’enfermements. Les habitants doivent être entendus. On est tous une part de l’autre. Nous sommes une femme que tu regardes. Vous êtes un quartier de ma ville.

C’est une ville qui aspire, se souvient, détruit avec rage autant qu’avec légèreté. Des murs suivent les contours d’un geste tendre, une parole glisse dans la rue et s’échappe d’un…”