DISSO #34 : Nicole CALIGARIS

Extrait de l’entretien avec Nicole CALIGARIS publié dans DISSONANCES #34

     Nicole CALIGARIS (petite)

Écrivez-vous plutôt pour ou contre, dans ou hors, malgré ou à propos de ?
J’écris dans les interstices.

Quelle est la part de la contrainte dans votre écriture ?
La contrainte littéraire ? L’idée même aurait tendance à me couper la chique. C’est la vision ou la projection d’une forme qui entraîne mes récits.

Que faites-vous quand vous n’écrivez pas ?
J’essaie de gagner de l’argent.

Qui est votre premier lecteur ?
Jean-Yves Bochet accepte de prendre cette très inconfortable position.

Qu’est-ce qu’un bon éditeur ?
Un bon éditeur littéraire ? Un(e) corsaire. En pinçant pour les coups de force. Imposant sa marque autant qu’un auteur impose sa marque. Intransigeant(e) dans sa lecture et son retour sur les textes. Assez cinglé(e) pour travailler sur les textes des autres, contre leur légèreté, contre leur désespoir.

Que diriez-vous à un auteur cherchant son premier éditeur ?
Dans l’abstrait, comme ça ? ! Mais qu’est-ce que vous voulez que je lui dise ? je ne sais pas, moi ! Si vous sous-entendez un conseil, c’est à un éditeur qu’il faudrait demander. En dépit de ce qui remplit les caisses des spécialistes de “Développement personnel”, “coaching” de bazar, philosophies de la vie telle que vous allez l’aimer et autres quincailleries pour magazines, je ne crois ni aux conseils ni aux stratégies. Est-ce qu’il s’agit de faire ce qu’il faut pour que “ça marche” ? Chacun, avec ce qu’il est, trouve sa façon d’avancer.
Relire les écrivains dont nous admirons la puissance, qui se sont bagarrés contre l’écrasement. Je pense à Jean-Pierre Martinet, fichu en l’air par l’indifférence dans laquelle est tombé son très grand Jérôme au moment de sa sortie. Malgré l’engagement de son éditeur Raphaël Sorin. Aucun rapport avec votre question mais j’en profite pour…

…suite de l’entretien dans la version papier de DISSONANCES #34

BIO

Nicole Caligaris est née à Nice en 1959. Elle vit et travaille actuellement à Paris. Sans nulle concession, son œuvre polymorphe aborde (mord dans / secoue) les thèmes de la guerre, de l’exil, du travail, jouant radicalement des genres littéraires, des tons, des points de vue, mettant en scène des personnages tout à la fois modernes, aliénés et sauvages, dont elle tire les ficelles avec jubilation, beaucoup d’intelligence, une réelle violence, et l’énorme puissance d’une écriture crue, pulsionnelle, acérée, poétique, panique, de très haute volée. Son site personnel (http://pointn.free.fr/) en dit beaucoup sur elle : vaut vraiment le détour. Les Samothraces et Le paradis entre les jambes ont été chroniqués (quatre regards sur le second) dans Dissonances #33.

BIBLIO (2018)

Trèfle à quatre (éd. Cheyne, 1993)
Ombre avec détails (éd. L’Iris noir, 1994)
La scie patriotique (éd. Mercure de France, 1997 – rééd. Le Nouvel Attila, 2016)
Les Samothraces (éd. Mercure de France, 2000 – rééd. Le Nouvel Attila, 2016)
Barnum des ombres (éd. Verticales, 2003)
Désir voilé/La Dernière Chambre (éd. Abstème & Bobance, 2003)
Tombal Cross, destination Mervyn Peak (éd. Joelle Losfeld, 2005)
L’Os du doute (éd. Verticales, 2006)
Medium is mess (éd. Inventaire/Invention, 2007)
Okosténie (éd. Verticales, 2008)
Le paradis entre les jambes (éd. Verticales, 2013)
Le jour est entré dans la nuit – Hubert Duprat (éd. François Bourin, 2015)